Quand Mgr Fulgence Muteba devient un relais de propagande du Rwanda

Quand Mgr Fulgence Muteba devient un relais de propagande du Rwanda

QUAND MGR FULGENCE MUTEBA SE MET AU SERVICE D'UN AGENDA POLITIQUE


L’Accord de Washington, conclu entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine, continue de susciter des réserves au sein de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), qui y voit une forme déguisée de "colonialisme économique", fondée sur le supposé bradage des ressources minières congolaises.

Une position réitérée avec virulence par Mgr Fulgence Muteba Mugalu, Archevêque Métropolitain de Lubumbashi, dans son homélie de Noël.

Plutôt que d’adresser un message d’espérance et de rassemblement, le prélat catholique a préféré livrer un réquisitoire musclé contre le régime du Président Félix Tshisekedi, accusant ce dernier d’avoir engagé le pays dans un accord minier flou, aux conséquences néfastes pour la population.

En instrumentalisant la chaire pour porter un discours manifestement politique, Mgr Muteba a délibérément rompu avec la neutralité spirituelle attendue de sa fonction. Son homélie s’est muée en une tribune partisane, éloignée de la mission pastorale qui consiste à apaiser, encourager et unir dans la prière.

Plus troublant encore est son silence sur la tragédie humanitaire qui secoue l’Est du pays. Aucune allusion à la violation du cessez-le-feu par le M23/AFC, encore moins un mot pour les centaines de milliers de déplacés d’Uvira. Pas une seule condamnation claire des crimes de guerre, ni du pillage de ressources naturelles orchestré par les rebelles du M23/AFC appuyés par le Rwanda.

En omettant volontairement ces faits tout en s’attaquant frontalement au pouvoir en place sur la base d’affirmations non étayées, Mgr Muteba s’est éloigné de sa responsabilité morale et spirituelle, exposant l’Église à une politisation regrettable.

Une omission lourde de symboles, qui jette une ombre sur la prétendue neutralité de ce Prince de l’Église. Car son silence répété face à l’agression rwandaise s’apparente de plus en plus à une complaisance assumée.a

Et pourtant, les faits sont établis. Plusieurs rapports indépendants, y compris ceux des Nations Unies, documentent clairement l’implication du Rwanda dans les violences à l’Est de la RDC : assassinats ciblés, enrôlements forcés d’enfants, fosses communes, viols massifs, déplacements de populations etc. Autant d’exactions sur lesquelles la CENCO, sous la présidence de Mgr Fulgence Muteba, n’a jamais jugé utile de s’exprimer publiquement.

Pas la moindre condamnation formelle. Pas un mot de compassion pour les millions de victimes. Rien.

Des allégations sans fondement...

En lieu et place, Mgr Muteba multiplie les sorties politiques, au mépris de son devoir pastoral. Son récent séjour à Kigali, immortalisé par des clichés souriants aux côtés de Paul Kagame, a choqué une opinion publique déjà meurtrie par la guerre. Beaucoup y ont vu un geste déplacé, une trahison morale, un affront à la mémoire des victimes.

Et comme si cela ne suffisait pas, l’Archevêque de Lubumbashi a profité de son homélie de Noël pour s’attaquer à l’Accord de Washington, un document non encore ratifié qu’il caricature sans fondement en “contrat de 99 ans”. Une allégation sans preuve qui trahit, soit une désinformation manifeste, soit une volonté délibérée de manipuler l’opinion.

De plus en plus, Mgr Muteba donne l’impression d’un politicien en soutane, bien loin du rôle d’apaisement et de vérité auquel l’Église est appelée dans un pays meurtri comme la RDC.

Son discours politisé, truffé d’approximations, laisse transparaître un mépris à peine voilé à l’égard du Chef de l’État, tout en exposant la foi chrétienne à une instrumentalisation regrettable au service des intérêts obscurs.

Non, il n’existe ni accord de 99 ans, ni cession de souveraineté, ni forme déguisée de "colonialisme économique". Il s'agit là des affirmations sans preuves qui relèvent davantage d’un jugement émotionnel que d’une lecture sérieuse et objective du document en question.

Loin d’organiser un quelconque bradage des ressources du pays, l’Accord de Washington pose les jalons d’un partenariat structuré, transparent et mutuellement bénéfique, où les intérêts de la RDC sont clairement protégés.

En adoptant une posture accusatoire sans fondement, Mgr Fulgence Muteba s’est écarté de la neutralité qu’exige sa mission pastorale, préférant endosser le rôle d’un acteur politique engagé. Une démarche qui fragilise non seulement la crédibilité du message ecclésial, mais expose également l’Église à des instrumentalisations partisanes.

L’Église est appelée à être la conscience morale de la République, pas le porte-voix d’une opposition déboussolée. Elle doit porter la lumière dans la vérité, et non se perdre dans les ténèbres de la désinformation.


Georges ANDEMA

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