Le coltan sans terre !

Le coltan sans terre !

Le coltan sans terre !


On dit qu’il est plus pur, ce coltan venu de nulle part. 
Il brille dans les discours, mais jamais dans les gisements. 
À Kigali, on le proclame comme un trésor national, 
sans carte, sans mine, sans terre pour l’abriter. 

Le coltan sans terre voyage, franchit les frontières, 
se purifie miraculeusement dans les entrepôts, 
et se présente aux marchés comme un minerai d’origine. 
Mais son ombre trahit la source : les collines du Kivu, 
où chaque pierre porte mémoire et souffrance. 

Washington l’a remarqué : 
à la table des producteurs, le Rwanda n’a pas de siège. 
Car un minerai fantôme ne peut s’asseoir parmi les légitimes. 
La RDC, elle, possède la terre, mais perd la voix. 
Ses richesses circulent, ses récits s’effacent, 
et ses partenaires hésitent entre sanctions et silence. 

Le coltan sans terre est une parabole : 
celle d’un pays qui proclame sans produire, 
et d’un autre qui produit sans protéger. 
Dans ce théâtre minier, la pureté devient slogan, 
et la mémoire, une marchandise en transit. 

KIGALI PERD LE NORD....
Pas du tout content de l’avancement du partenariat stratégique entre la RDC et les USA, Kigali propage qu’il possède un coltan plus pur que celui de la RDC. Sans toutefois, en donner la localisation exacte. En outre, le Rwanda revendique les sites miniers des territoires par la rébellion en estimant que Kinshasa ne peut pas les proposer aux États-Unis, comme il l’a fait dans la liste transmise à l’administration Trump. L’avenir paraît ainsi sombre pour ce pays sur lequel plane les sanctions americaines et auquel le partenaire Union Européenne vient de demander de retenir ses troupes en RDC.
L’on est là, en face f’une tension géopolitique et économique très vive. En effet, plusieurs rapports récents soulignent que le Rwanda revendique un rôle central dans le commerce du coltan, mais une partie importante de ce minerai provient en réalité de la RDC par des circuits de contrebande. Selon le Groupe d’experts de l’ONU, plus de 150 tonnes de coltan seraient introduites chaque mois au Rwanda depuis l’est du Congo, ce qui alimente la perception que Kigali dispose d’un coltan « plus pur » sans en préciser la provenance . 
Du côté européen, la signature en 2024 d’un protocole d’accord sur les matières premières critiques avec Kigali a suscité de vives critiques. Des ONG comme Global Witness et Resource Matters ont dénoncé ce partenariat, estimant qu’il légitime des flux miniers illicites et fragilise la RDC. L’Union européenne a été poussée à revoir cet accord et certains diplomates ont évoqué la possibilité de sanctions, même si elles n’ont pas encore été adoptées . 
Les points clés à retenir sont les suivantes, la RDC et les USA ont conclu le partenariat stratégique qui reste fragilisé par l’instabilité régionale et la concurrence narrative du Rwanda qui met en avant une image de fournisseur fiable de coltan, mais les accusations de trafic minier persistent.
L’Union européenne est quant à elle, sous pression pour suspendre ou revoir ses engagements avec Kigali, tout en demandant à ses partenaires de limiter l’escalade militaire en RDC. 
Pour les partenaires occidentaux, le dilemme se situe entre sécuriser l’accès aux minerais critiques et respecter les principes de diligence et de stabilité régionale. Tandis que pour la région, la compétition autour du coltan exacerbe les tensions militaires et diplomatiques, avec un avenir incertain si les sanctions ou restrictions se durcissent. 
Ce qui est frappant ici, c’est la bataille narrative où Kigali cherche à imposer une image de pureté et de fiabilité, pendant que Kinshasa reste empêtrée dans les paradoxes d’un partenariat stratégique qui ne se traduit pas en protection effective de ses ressources.

Laurent Buadi

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