Les retraits fantômes du M23.

Les retraits fantômes du M23.

Uvira, théâtre des retraits fantômes de l’AFC/M23 !

 

Il est des territoires congolais qui deviennent des scènes, et des armées qui se muent en troupes de théâtre. Uvira, ce 15 janvier 2026, n’est plus seulement une cité du Sud-Kivu : c’est un plateau où le M23 répète inlassablement la même pièce, celle du retrait annoncé.  

À chaque acte, le rideau se lève sur une déclaration solennelle : “Nous nous retirons.” Mais le public, lassé, sait déjà que ce départ n’est qu’un jeu d’ombres. Car derrière les mots, les bottes restent, les réseaux demeurent, et l’influence persiste.  

L’ONU, invitée malgré elle à jouer le rôle de garant, se retrouve dans une posture absurde : assumer la sécurité d’une ville sans préparation ni moyens, comme si l’on lui confiait une maison dont les clés n’ouvrent aucune porte. Les diplomates, eux, oscillent entre indignation et résignation, pris au piège d’une mise en scène qui les tourne en bourrique.  

Le M23, maître du paradoxe, se présente en artisan du cessez-le-feu tout en orchestrant une comédie de responsabilités transférées. Ce n’est plus la guerre ouverte, mais la guerre des communiqués, où chaque annonce est une arme psychologique.  

Et la population, spectatrice malgré elle, vit dans l’angoisse d’un vide sécuritaire. Car si les rebelles se retirent en paroles, ils laissent derrière eux une ville nue, exposée aux vents de l’incertitude.  

Ainsi, Uvira devient le symbole d’une diplomatie en trompe-l’œil : une cité où l’on proclame la paix tout en cultivant l’instabilité. Une chronique qui rappelle que, parfois, les retraits les plus bruyants sont ceux qui ne retirent rien.  

L.B

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