L’OFFENSIVE FOUDROYANTE DES FARDC : LE TEMPS DU RAPPORT DE FORCE
Il y a des moments dans une guerre où tout bascule.
Pas dans les discours.
Pas dans les communiqués.
Mais sur le terrain.
Lemera est en train de devenir ce moment.
Une manœuvre éclair, pas un hasard
Ce qui s’est joué à Lemera n’est pas un simple accrochage.
C’est une démonstration de mobilité, de coordination et d’initiative.
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les Wazalendo, ont frappé vite.
Objectif clair : casser la profondeur logistique des Mouvement du 23 mars (M23) soutenus par les Rwanda Defence Force (RDF) selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux.
Ce n’est pas seulement une reprise de localité.
C’est une attaque contre une architecture militaire.
Frapper le cœur logistique
Lemera n’était pas un village quelconque.
C’était un verrou.
Un centre de ravitaillement.
Un point d’appui pour alimenter Minembwe-centre.
En stratégie militaire, on ne gagne pas seulement en prenant des collines.
On gagne en coupant les routes.
Si Rubanga devient la dernière base arrière, alors la bataille change de nature.
On passe d’une guerre d’expansion à une guerre de survie logistique.
Et une armée qui défend ses lignes de ravitaillement est déjà sur la défensive.
Une rupture psychologique
L’effet le plus puissant n’est pas seulement territorial.
Il est psychologique.
Pendant des mois, le récit dominant était celui d’une avance inexorable du M23.
Aujourd’hui, l’image change.
Une offensive rapide, coordonnée, assumée, envoie un message clair :
Le rapport de force n’est plus figé.
Les FARDC ne subissent plus uniquement.
Elles manœuvrent.
Le tournant stratégique ?
Attention : une victoire tactique ne fait pas une victoire stratégique.
Tenir Lemera sera aussi important que la reprendre.
Mais si l’axe logistique se fissure, si Rubanga tombe, alors Minembwe-centre pourrait devenir une enclave sous pression constante.
Et dans les montagnes du Sud-Kivu, l’isolement équivaut souvent à l’asphyxie.
L’offensive de Lemera, si elle se confirme pleinement, marque peut-être le début d’un changement de dynamique.
Ce n’est pas encore la fin d’une guerre.
Mais c’est peut-être la fin d’une illusion :
celle d’une avance sans résistance.
Le terrain parle.
Et cette fois, il semble parler en faveur des FARDC.
Christian Lawu, journaliste engagé

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