Diplomatie en flammes : quand les tweets d’un général font vaciller l’alliance Ouganda-USA

Diplomatie en flammes : quand les tweets d’un général font vaciller l’alliance Ouganda-USA

La diplomatie ougandaise est en train de s’écrire à coups de tweets rageurs. Et cette plume numérique, c’est celle du général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni et chef d’état-major de l’armée. Dans une série de messages publiés fin janvier, il accuse frontalement les États-Unis d’avoir aidé l’opposant Bobi Wine à s’échapper lors d’un raid militaire sur son domicile. Une accusation grave, lancée sans preuve, qui a immédiatement fait réagir Washington.

Un haut responsable américain a jugé que Muhoozi avait “franchi une ligne rouge”. Le président de la commission des relations extérieures du Sénat est allé plus loin : appel à la suspension de la coopération militaire, menace de sanctions ciblées, et révision complète de la politique américaine envers Kampala. Malgré la suppression des tweets et les excuses présentées, le mal est fait. La confiance est entamée. Et les excuses, jugées tardives et insuffisantes, n’ont pas apaisé les tensions.

Ce n’est pas la première fois que Muhoozi utilise Twitter comme une arme politique. Mais cette fois, les conséquences pourraient être stratégiques. L’Ouganda, partenaire clé des États-Unis dans la lutte contre les groupes armés en Afrique de l’Est, risque l’isolement diplomatique. Et le général, pressenti comme successeur de son père, voit son image internationale se fissurer.

Ce dérapage révèle une fracture plus profonde : celle entre un régime militarisé qui durcit son ton, et une opposition qui gagne en légitimité internationale. Bobi Wine, cible du raid, devient malgré lui le symbole d’une résistance soutenue par l’Occident. Et Muhoozi, en voulant l’écraser, a peut-être offert à son adversaire une tribune mondiale.

La diplomatie ne se mène pas à coups de tweets. Et quand elle le fait, elle expose les failles d’un pouvoir qui confond autorité et impulsivité. Le silence du président Museveni, face à cette crise, interroge. Est-ce une stratégie de désengagement ? Ou l’aveu d’un pouvoir qui laisse son fils jouer avec les alliances les plus précieuses ?

The politico cd

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