PayServices victime de la mauvaise foi du gouvernement. 2026

PayServices victime de la mauvaise foi du gouvernement. 2026

Le banquet des fantômes : PayServices et la diplomatie contrariée

Dans la grande salle des alliances, Kinshasa dresse une table solennelle pour accueillir Washington. Les nappes sont blanches, les discours sont prêts, les mines stratégiques et les promesses de transparence scintillent comme des chandeliers. Mais à peine les convives installés, une procession inattendue franchit la porte : les fantômes.  

Le premier, vêtu de chiffres invisibles, brandit une créance de 20 millions USD. Il se présente comme « PayServices », une société de droit américain, mais son contrat est introuvable dans les archives du gouvernement Suminwa, ses fondements juridiques évanescents. On l’appelle le Fantôme financier, celui qui réclame sans preuve et s’assoit sans invitation.  

À sa suite, un spectre plus corrosif s’avance, il a la face du Fantôme corrupteur. Il chuchote que certains ministres auraient réclamé des pots-de-vin pour débloquer le paiement. Sa voix est basse mais son écho est assourdissant, car il rappelle que la transparence institutionnelle peut vaciller au prix de valises invisibles.  

Puis vient le Fantôme diplomatique, embarrassé, portant un costume trop large. Il doit expliquer à Washington que ces spectres ne reflètent pas la ligne officielle, que la RDC reste un partenaire sérieux malgré les rumeurs. Mais ses mots se heurtent aux murmures des couloirs, où l’on répète que l’image d’un État se construit autant sur ses alliances proclamées que sur la clarté de ses engagements.  

Le banquet prend alors des allures de théâtre où les ministres protestent, dénoncent la désinformation, brandissent la souveraineté, les fantômes rient sous cape, agitent leurs valises invisibles et leurs contrats fantômes. Tandis que les diplomates américains, perplexes, se demandent si l’invitation était bien adressée à eux ou aux spectres.  

Ainsi, la « dette fantôme » n’est plus une simple créance contestée, elle devient une chorale spectrale, où chaque voix rappelle les contradictions d’un État en quête de crédibilité. Dans la mémoire collective, cet épisode restera comme une chronique de diplomatie contrariée, où les fantômes contractuels et moraux se sont invités au banquet des alliances, transformant une table de négociation en scène de satire.  

UNE DETTE VRAIMENT FANTÔME ?

Le litige entre PayServices et le gouvernement congolais tourne autour d’une réclamation de 20 millions USD par la société américaine dans le cadre d’un projet de digitalisation que l’État refuse de reconnaître, estimant qu’il n’existe aucune base légale ni obligation contractuelle. Les autorités congolaises dénoncent une tentative de désinformation et contestent la qualité bancaire revendiquée par PayServices. Le ministère des Finances et celui du Portefeuille ont publié des communiqués officiels pour rejeter cette créance, jugeant qu’elle repose sur des allégations unilatérales et non sur un contrat valide, réagissant pour contrer des articles jugés erronés, notamment ceux d’Africa Intelligence, qui avaient évoqué un contentieux financier.

Les autorités congolaises voient dans cette affaire une tentative de désinformation visant à fragiliser la crédibilité institutionnelle. Ce litige vient mettre en lumière la fragilité des partenariats public-privé en RDC, surtout dans le domaine de la digitalisation. Les dossiers tels que celui des cartes d’identité resté non abouti restent des cas d’école. 

Si la procédure judiciaire engrangée sur demande de PayServices se poursuit, elle pourrait créer un précédent sur la reconnaissance ou non des créances liées à des projets numériques. L’affaire impliquant directement certains ministères, cela peut alimenter des tensions autour de la transparence et de la gouvernance. Surtout en ce moment où la RDC se trouve engagée dans le partenariat stratégique avec les États-Unis.

L.B

 

 

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